LE SOMMEIL
S
Troubles spécifiques du
sommeil des adolescents
Le trouble du sommeil le plus présent chez les ados est le « syndrome de retard de phase du sommeil », qui touche 7 à 17% des ados. Ce trouble du sommeil est le résultat d’une tendance physiologique à aller au lit trop tard le soir et à se lever tard le matin. Il est conditionné par des facteurs environnementaux et sociaux (activités scolaires et parascolaire, pressions scolaires, diminution de la surveillance parentale). Des études récentes indiquent que les ados dorment moins profondément (baisse de la qualité du sommeil). Des cas de « narcolepsie » ou « d’apnées du sommeil » peuvent aussi apparaître à cette étape de vie.
Le syndrome de retard de phase
Les personnes souffrant du syndrome de retard de phase ont tendance à se coucher et à se lever plus tard que ce qui est généralement considéré comme normal. Ce syndrome est l’opposé du syndrome d’avance de phase, au cours duquel les personnes se couchent et se lèvent plus tôt que normalement. Les personnes souffrant du syndrome de retard de phase se couchent généralement tôt le matin, entre 1 heure et 4 heures, et se réveillent tard le matin, entre 8 heures et 11 heures. Les personnes socialement actives, et celles considérées comme des noctambules, qui se sentent plus réveillées ou en meilleure forme les soirs, ont plus de risques de développer ce trouble, comme beaucoup d'ados qui se sentent plus fatigués le matin qu'avant de se coucher.
Lorsque le trouble interfère avec les activités de la personne, telles que aller à l’école ou au travail, qui requière que la personne se réveille plus tôt que ce qui est normal pour elle, le trouble pourrait conduire à un manque de sommeil et autres problèmes. Le syndrome de retard de phase est responsable de 10% des cas d’insomnie chronique.
Les personnes qui souffrent d’un syndrome de retard de phase qui interfère avec leurs activités quotidiennes compensent le manque de sommeil en faisant des siestes la journée ou en dormant excessivement les week-ends. Cela peut mener à un soulagement temporaire, mais perpétue le cycle de retard de phase.
Chez la plupart des personnes, aller au lit à une heure différente de ce qui est normal pour leur permettre de s’endormir et de se réveiller à l’heure voulue. Chez les personnes affectées par le syndrome de retard de phase, même lorsqu’elles souffrent d’un manque de sommeil, le corps maintien sa tendance à aller se coucher à l’heure habituelle, ce qui rend difficile l’endormissement même lorsque le corps est fatigué. De même, le corps aura tendance à se réveiller aux mêmes heures, peu importe le nombre d’heures de sommeil atteint, qu’il soit trop petit ou trop grand.
Contrairement au syndrome d’avance de phase, qui a peu d’effets sur les obligations liées au travail ou à l’école, les personnes souffrant du syndrome de retard de phase ont plus de risques que leur trouble du sommeil interfère avec leur emploi du temps quotidien, ce qui mène à un manque de sommeil chronique. Cela peut avoir pour la personne concernée un impact négatif sur ses performances à l’école ou sur son lieu de travail, et sur sa position sociale. Les personnes affectées par ce syndrome peuvent souffrir de l’étiquette de personnes paresseuses, démotivées ou indisciplinées.
Le syndrome de retard de phase affecte 15% des adolescents, un taux plus élevé que celui du syndrome d’avance de phase ; et les personnes touchées par ce dernier sont généralement plus jeunes que celles affectées par le syndrome de retard de phase. Il se développe souvent au cours de l’adolescence et continue à l’âge adulte. Il affecte autant les hommes que les femmes. Comme le syndrome d’avance de phase, le syndrome de retard de phase a également un lien génétique, et les personnes ayant des antécédents familiaux de ce syndrome ont 3 fois plus de risques de le développer que ceux qui n’ont aucun antécédent familial.
Les paramètres de l’environnement peuvent mener au développement du syndrome de retard de phase. Par exemples :
Une exposition trop faible à la lumière du soleil le matin ou une exposition trop forte à la lumière du soleil le soir.
Si le syndrome de retard de phase interfère avec votre emploi du temps quotidien, il est important d’adopter des mesures pour minimiser ses effets. Près de 50% des sujets affectés par ce syndrome souffrent également de dépression. Bien qu’il n’existe aucun remède simple à ce syndrome et que celui-ci ait montré une forte résistance à de nombreuses méthodes de traitement, consulter un médecin doit être une priorité.
La méthode de traitement la plus répandue est l'échelonnement progressif des périodes de sommeil, jusqu’à ce qu’elles atteignent la tranche de temps désirés. Les horaires seront strictement mis en place. Bien que cette méthode est efficace, maintenir les nouvelles habitudes est impératif car l’horloge interne se réinitialise souvent complètement si la personne ne suit pas les nouvelles habitudes ne serait-ce qu’une nuit.
La prévalence* de la narcolepsie est évaluée à 0,05 %. Elle commence le plus souvent avant 25 ans, mais l'âge de début est variable et est le plus souvent aux alentours de l’adolescence même si elle peut apparaître bien avant ou après cette phase. Les adolescents sont autant touchés que les adolescentes. Le risque de narcolepsie est de 60 à 200 fois plus élevé chez les membres de la famille d'un sujet atteint par rapport à la population générale; cela suggère une transmission génétique. En revanche, chez la moitié des patients, la narcolepsie se manifeste en association avec un facteur non génétique tel qu'un traumatisme crânien, une affection fébrile, des modifications brutales du rythme veille-sommeil ou un stress psychologique. Il est très vraisemblable que la maladie nécessite, pour apparaître, d'une part des facteurs génétiques, d'autre part des facteurs d'environnement.
Vocabulaire
* La cataplexie consiste en un brusque relâchement du tonus musculaire sans altération de la conscience. Elle peut être partielle, au niveau de quelques muscles squelettiques, et provoquer une faiblesse dans les genoux, une chute de la tête ou une impossibilité d'articuler les mots, mais elle peut aussi être beaucoup plus globale, entraînant une chute avec incapacité de se mouvoir. Le déclenchement par une émotion est caractéristique d'une attaque de cataplexie: éclat de rire, colère, surprise d'une nouvelle inattendue, bruit d'une porte qui claque. La durée des attaques est variable, de quelques secondes à quelques minutes. Il en est de même de leur fréquence, d'une seule attaque dans toute la vie à plusieurs par jour.
* Les hallucinations hypnagogiques correspondent à des visions du demi-sommeil ou à un rêve qui survient au moment de l'endormissement. Elles coïncident avec un épisode de stade paradoxal qui se déclenche dans les minutes qui suivent le début du sommeil.
* La paralysie du sommeil se produit au moment du réveil matinal ou à la fin d'une sieste dans la journée. Le sujet se réveille en se sentant complètement paralysé avec incapacité d'ouvrir les paupières et de bouger les membres. Cet état désagréable dure quelques dizaines de secondes.
* La prévalence est une mesure de l'état de santé d'une population à un instant donné. Pour une affection donnée, elle est calculée en rapportant à la population totale, le nombre de cas de maladies présents à un moment donné dans une population
Narcolépsie
Le Syndrome d’Apnée du Sommeil
Le Syndrome d’Apnée du Sommeil ou S.A.S est une affection, définie par un nombre excessif d’arrêt dit apnée ou de diminution appelé hypopnée de la respiration au cours du sommeil, pendant plus de 10 secondes et se répétant plus de 10 fois par heure de sommeil, s’associant à une hypersomnolence diurne qui sont des périodes de grande fatigue voire d’endormissement anormalement fréquentes durant la journée.
Ces phénomènes d’apnées et d’hypopnées sont associés, entre autre, à des variations du taux d’oxygène dans le sang (saturation artérielle en oxygène), de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle.
Il touche 1 à 5 % de la population adulte masculine.
Le S.A.S est lié à une obstruction répétitive des voies aériennes supérieures, due à un rétrécissement anatomique de la région pharyngée situé à l’arrière de la gorge. Ce rétrécissement est soit d’origine constitutionnelle, le plus souvent lié à un défaut de la commande nerveuse, soit, dans la très large majorité des cas, acquis au cours de la vie, le plus souvent à l’occasion d’une surcharge graisseuse liée à l’obésité.
A chaque inspiration normale, le flux d’air traverse les voies aériennes supérieures, qui sont un véritable conduit élastique grâce aux muscles dilatateurs du pharynx. Mais, au cours du sommeil, surtout en cas de surcharge graisseuse, l’activité de ces muscles est ralentie et les voies aériennes deviennent moins rigides qu’à la période d’éveil et peuvent alors se fermer facilement lors de l’inspiration.
Il en découle une nette perturbation de la qualité du sommeil qui se divise, les phases de sommeil profond devenant de plus en plus courtes voire inexistantes.
De ce fait, il en résulte une diminution significative de la qualité de vie en raison des multiples périodes d’assoupissement dans la journée et des autres complications qui peuvent s’avérer plus ou moins graves à moyen-court terme.
Cette maladie concerne en majorité les personnes de 50-70 ans. Cependant, depuis quelques années, de plus en plus d'adolescents sont en surpoids (12 à 15% en France) ou obèses : cette augmentation va de pair avec une multiplication des cas de jeunes présentant des troubles d'apnée du sommeil.
La narcolépsie, ou maladie de Gélineau, est caractérisée par :
- des accès de sommeil
- une cataplexie*
- des hallucinations hypnagogiques*
- des paralysies du sommeil*
SIGNAUX D’ALARME DU SYNDROME DE RETARD DE PHASE
-Stress
-Sommeil non-réparateur
-Fatigue
-Déficits d’attention
-Syndrome dépressifs avec tendances suicidaires
-Absentéisme scolaire.


